Collectif Roosevelt.be | Un "New Deal" en 15 solutions pour éviter le krach ultime

Collectif Roosevelt.be

Un "New Deal" en 15 solutions pour éviter le krach ultime

Nous ne serons pas une génération sacrifiée

Pour un New Deal dès le 26 mai, en Europe et en Belgique

« Maintenant nos sociétés doivent choisir : la métamorphose ou la mort. » (Stéphane HESSEL et Edgar MORIN : « Le chemin de l’espérance », Fayard, 2011)

15% de la population belge en risque de pauvreté. 660.000 chômeurs. 22 milliards d’euros d’efforts budgétaire de l’Etat sur la dernière législature, dont seulement 7 en contributions de solidarité supplémentaires de la part des plus aisés. La Belgique, un des pays les plus prospères au monde, laisse trop de ses citoyens sur le côté. 

La grande crise causée par quelques banquiers trop dérégulés a été efficacement déguisée en crise de l’Etat providence, et a justifié des coupes dans les services collectifs (culture, santé, solidarité internationale) et dans la sécurité sociale. Surtout, la course aux milliards pour boucler les budgets qui semble dominer la politique belge depuis 3 ans, ne laisse aucun espace pour sérieusement refinancer les services de base qui en ont pourtant cruellement besoin : qu’il s’agisse de l’enseignement, de la justice ou de la santé, par exemple, peu de candidats osent s’engager clairement pour donner les moyens nécessaires à ces rouages indispensables de notre société.

Parler de crise aujourd’hui sonne déjà un peu poussiéreux, comme si, avec le temps, avec une timide reprise économique qui selon l’OIT ne profite pas à l’emploi, on pouvait se considérer comme hors de danger. Pire : le diagnostic erroné posé par les dirigeants depuis 2008 engendre des solutions insuffisantes, et d’autres contre-productives. Les mesures prises ne permettent pas de dire « plus jamais ça », et la prochaine crise, qu’elle vienne de l’explosion de la dette américaine ou de la bulle immobilière chinoise par exemple, nous frappera plus durement encore qu’en 2008, si nous ne prenons pas, très vite, les mesures nécessaires pour nous en protéger.

Nous avons décidé d’agir

Nous unissons nos voix à celles des 3000 signataires pour demander, dès le 26 mai, le lancement d’un New Deal, dans l’esprit de celui par lequel F.D. Roosevelt vaincu durablement la crise de 1929. 15 mesures urgentes pour ouvrir la voie à une autre société, recréer un espace pour penser sereinement notre avenir commun, revendiquer le droit au bonheur d’une génération qui refuse d’être sacrifiée.

Soyons plus que des électeurs … des citoyens

Nous soumettons ces 15 propositions au débat public car nous pensons qu’il est urgent de passer à l’action, de mettre enfin en œuvre ces idées qui sont pour la plupart largement débattues depuis de nombreuses années et qui ont déjà fait leurs preuves. Les arguments sont connus, il faut aujourd’hui être nombreux à les faire entendre. Nous avons demandé aux partis politiques de se positionner sur ces 15 propositions, vous pourrez trouver leurs réponses sur notre site. Mais pour les pousser de la parole aux actes, nous devons être nombreux, augmenter la pression, nous faire entendre. Plutôt que de fuir la politique qui nous a trop souvent déçus, nous choisissons de nous en emparer, de remettre les citoyens au centre de l’élection. Chaque fois qu’un candidat nous tendra un tract sur un marché, chaque fois qu’on nous proposera une soirée Tupperware, profitons-en pour poser des questions précises et demander des engagements fermes. Engageons-nous à suivre dès le 26 mai la réalisation des promesses qui nous sont faites, et à dénoncer activement chaque parole trahie. Ne nous limitons pas à donner notre voix dans une urne, donnons de la voix.

Les réponses des partis et des outils pour interpeler les candidats sont sur www.jevotedoncjesuis.be

Retrouver un peu d’oxygène pour nos services collectifs

Finissons-en avec la course effrénée aux milliards d’efforts budgétaires. Même si des économies sont possibles et souhaitables sur certains postes de dépense visibles, ce n’est pas en coupant linéairement et trop vite dans l’enveloppe globale que l’allocation des ressources sera meilleure. Pour refinancer sérieusement nos écoles, nos hôpitaux, un accompagnement efficace des sans emploi, l’accès à la justice et toutes les dépenses collectives nécessaires à notre bien-être commun, trouvons de nouveaux espaces budgétaires. Le FMI demande à l’Etat belge de trouver 13 milliards d’euros durant la prochaine législature pour rentrer dans les clous budgétaires. Quand on sait qu’on paie plus de 12 milliards € d’intérêts sur la vieille dette de l’Etat, dont l’essentiel alimente les bénéfices de banques privées et de rentiers, n’est-il pas urgent d’innover dans la manière de financer cette dette, à des taux bien plus bas ? Quand on voit que 5 à 6 milliards d’Euros échappent au fisc belge chaque année via l’évasion fiscale, qu’Arcelor Mittal paie 496€ sur 1,3 milliards € de bénéfices annuels, n’est-il pas temps de lutter activement contre les paradis fiscaux, de revoir sérieusement les niches fiscales, et d’instaurer enfin une harmonisation fiscale européenne pour tacler le shopping fiscal des multinationales ? D’accélérer la concrétisation d’une taxe sur les transactions financières aux revenus estimés, pour les 11 pays qui s’y sont engagés, entre 10 et 37 milliards € ? De globaliser les revenus, payant ainsi un même impôt, juste car fortement progressif, sur les revenus du travail et du capital, redistribuant ainsi plus de 9 milliards € supplémentaires ? De séparer strictement banques de dépôt et d’affaire pour que plus jamais les prises de risques de quelques traders ne coûtent 30 milliards € à l’Etat belge comme ce fut le cas en 2008 ?

Investir dans l’avenir, en créant des emplois aujourd’hui

Laisser une planète habitable à nos enfants, lutter efficacement contre le dérèglement climatique, c’est réellement possible. Le solutions sont connues : isolation des bâtiments, privés et publics, développement des énergies renouvelables, transition dans les modes de transport, autant d’investissements d’avenir à portée de main, si on s’en donne les moyens. Des études ont montré qu’une telle politique, soutenue par un investissement public à hauteur de 1% du PIB, pourrait créer 6.000.000 d’emplois en Europe. Récemment, la Coalition climat et le Bureau du Plan rappelait qu’on pourrait créer au moins 60.000 emplois en Belgique par de tels investissements. De plus, la plupart de ces investissements sont rentables sur le long terme, ce serait donc responsable, même sur le plan économique.

Oser partager le travail et construire une Europe de la prospérité partagée

Il a fallu 140 ans pour que la productivité soit doublée entre 1820 et 1960, puis elle a été multipliée par cinq depuis quarante ans. On peut donc produire autant avec cinq fois moins d’heures de travail. Du jamais vu ! Voilà la principale explication du chômage et de la précarité qui rongent nos sociétés : notre incapacité collective à répartir des gains de productivité colossaux.

La croissance que beaucoup appellent de leurs vœux n’est plus au rendez-vous. Elle n’était déjà plus capable, depuis plus de 30 ans, de maintenir l’emploi, puisque la production économique utilise de moins en moins de travail. Le partage du temps de travail est donc le meilleur moyen de s’attaquer frontalement au chômage de masse, d’éviter la récession, de sauver les retraites et de rééquilibrer la négociation sur les conditions de travail et sur les salaires. En France, plus de 400 entreprises ont tenté l’expérience avec des formules comme une semaine de 32h, bien avant le semi-échec des 35h, créant massivement des emplois. C’est vers ce type de défi que devrait s’orienter les prochaines étapes du grand projet européen.

Provoquons le réveil politique, incarnons, chacune, chacun, le sursaut citoyen pour éviter le krach ultime.

Version intégrale des 15 propositions et invitation à rejoindre le mouvement sur www.rooseveltBE.org